Qui est Isabelle MERGAULT ?
Date de naissance : 11 mai mai 1958 (Paris 14e, France).
Date du décès : 20 mars 2026 (Neuilly-sur-Seine, France) à 67 ans.
Activité principale : Actrice, réalisatrice, scénariste, chroniqueuse.
Où est la tombe d’Isabelle MERGAULT ?
Ses obsèques ont lieu le 30 mars 2026 lors d’une cérémonie laïque dans la grande salle de la Coupole du cimetière du Père-Lachaise.
Elle sera ensuite inhumée au cimetière de Montmartre, « à priori… » à quelques dizaines de mètres de son auteur favori, Sacha Guitry qui lui est en division 1.
La tombe d’Isabelle MERGAULT au Cimetière de Montmartre

Isabelle Mergault à Marseille en 2019.
Bernard Grychowski, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Biographie d’Isabelle MERGAULT
Parler d’Isabelle Mergault, c’est évoquer une trajectoire hors normes dans le paysage français. Née le 11 mai 1958 à Paris, elle s’est éteinte le 20 mars 2026 à l’âge de 67 ans. Actrice, scénariste, réalisatrice et dramaturge, elle a prouvé que la fantaisie n’excluait pas la profondeur. Pour le visiteur du cimetière du Montparnasse, son nom restera associé à une joie de vivre communicative, mais aussi à un courage rare : celui de se réinventer totalement au sommet de sa notoriété.
Une enfance bourgeoise et la tentation de la scène
Isabelle Mergault grandit dans le 14e arrondissement de Paris, au sein d’une famille de médecins (son père était dermatologue). Rien ne la prédestine initialement aux planches, si ce n’est un tempérament déjà vif et une envie de s’émanciper d’un milieu feutré. Elle choisit le théâtre et s’inscrit au cours de Jean-Laurent Cochet, où elle apprend la rigueur du texte classique.
Ses débuts sont marqués par sa dyslalie (son chuintement), qu’elle ne cherche pas à corriger par la rééducation, mais qu’elle assume comme un atout comique. Elle fait ses premières apparitions à la fin des années 70, notamment dans La Dérobade (1979) de Daniel Duval.
Les années 80 : le visage des seconds rôles cultes
Durant les années 1980, Isabelle Mergault devient une figure familière du cinéma français. Elle enchaîne les seconds rôles de « ravie de la crèche » ou de personnage lunaire, jouant de sa voix et de sa silhouette frêle.
- Projets marquants : Elle explose aux yeux du grand public dans P.R.O.F.S (1985) aux côtés de Patrick Bruel, puis dans des comédies populaires comme Lévy et Goliath (1987) de Gérard Oury.
- Le plafond de verre : Malgré sa popularité, elle se sent enfermée dans des rôles stéréotypés. En 1991, avec une lucidité qui surprend tout le métier, elle annonce qu’elle arrête sa carrière d’actrice. « J’en avais marre de faire la dinde », dira-t-elle plus tard. C’est le premier grand pivot de sa vie.
La métamorphose : de l’interprète à l’auteure
Isabelle Mergault se retire des plateaux pour se consacrer à l’écriture. Elle apprend l’art du scénario et de la structure dramatique. Ce passage de l’autre côté de la caméra est d’abord discret (elle écrit pour la télévision, notamment pour la série Classe Mannequin), puis éclatant.
- Le premier succès d’écriture : Elle signe le scénario de Meilleur Espoir féminin (2000), réalisé par Gérard Jugnot. Le film est un succès critique et public, révélant Bérénice Bejo. Isabelle prouve qu’elle possède un sens aigu du dialogue et une tendresse réelle pour les personnages « ordinaires ».
- L’échec formateur : Tout n’est pas rose ; le film Voyage à Rome (1992), dont elle a co-écrit le scénario, ne rencontre pas son public. Mais ces expériences forgent sa détermination.
La consécration : « Je vous trouve très beau »
En 2005, elle franchit une étape supplémentaire en passant à la réalisation. Son premier film, Je vous trouve très beau, avec Michel Blanc, traite de la solitude d’un agriculteur veuf cherchant une épouse en Roumanie.
- Le triomphe : Le film attire plus de 3,5 millions de spectateurs. En 2007, elle reçoit le César du meilleur premier film. C’est une revanche éclatante pour celle que l’on ne voyait que comme une chroniqueuse rigolote.
- La suite du cinéma : Elle réalise ensuite Enfin veuve (2008), un autre succès avec Michèle Laroque. Cependant, son troisième film, Donnant Donnant (2010) avec Daniel Auteuil, est un échec commercial et critique. Elle en sera profondément affectée, mais rebondira une nouvelle fois.
La Reine du Théâtre et la voix des Grosses Têtes
L’autre pilier de sa vie est le théâtre. Elle devient l’une des dramaturges les plus rentables du boulevard, écrivant et jouant ses propres pièces qui font salle comble pendant des années.
- Pièces majeures : L’Amour sur un plateau (2011), Adieu je reste ! (2012), La Raison d’Aymé (2018) et sa dernière œuvre, Le Bracelet (2024).
- La complice de Laurent Ruquier : Depuis la fin des années 90, elle est une figure centrale des Grosses Têtes sur RTL et des émissions de Ruquier à la télévision. Son autodérision, sa culture cachée derrière une apparente légèreté et ses réparties font d’elle une icône populaire indéboulonnable.
Vie privée et engagement
Isabelle Mergault était une femme de convictions et de pudeur. En 2010, elle adopte une petite fille d’origine nigérienne, Maya, puis plus tard la sœur biologique de celle-ci, Iris. Elle vivait à Pantin, loin des quartiers chics de la capitale, dans une maison héritée de ses parents. Sa fin de vie a été marquée par un combat courageux contre la maladie, tout en continuant à monter sur scène jusqu’en 2025.
Liste sélective de ses créations
En tant qu’actrice (Cinéma) :
- 1979 : La Dérobade de Daniel Duval
- 1985 : P.R.O.F.S de Patrick Schulmann
- 1987 : Lévy et Goliath de Gérard Oury
- 1991 : Les Clés du paradis de Philippe de Broca
- 2017 : C’est beau la vie quand on y pense de Gérard Jugnot
En tant que scénariste :
- 1992 : Voyage à Rome (co-scénariste)
- 2000 : Meilleur Espoir féminin de Gérard Jugnot
- 2005 : Je vous trouve très beau
- 2008 : Enfin veuve
En tant que réalisatrice :
2023 : Des mains en or (son dernier film)
2005 : Je vous trouve très beau (César 2007)
2008 : Enfin veuve
2010 : Donnant Donnant