Qui est Edgar DEGAS ?
Date de naissance : 19 juillet 1834 (Paris, France).
Date du décès : 27 septembre 1917 (Paris, France) à 83 ans.
Activité principale : peintre.
Où est la tombe de Edgar DEGAS ?
La tombe de Edgar DEGAS est située dans la division 4.
La tombe de Edgar DEGAS au Cimetière de Montmartre
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Biographie de Edgar DEGAS
Né à Paris le 19 juillet 1834, Edgar Degas grandit dans un milieu aisé et cultivé qui favorise très tôt son goût pour les arts. Son père, banquier, appartient à une famille d’origine franco-italienne, et cette double appartenance compte dans la formation du jeune homme, sensible aussi bien à la tradition française qu’à la culture italienne. Élève au lycée Louis-le-Grand, Degas manifeste rapidement des dispositions pour le dessin. Il s’inscrit ensuite à la faculté de droit, mais cette voie ne répond ni à son tempérament ni à ses ambitions. Très vite, il s’oriente résolument vers la peinture. Il fréquente le Louvre, où il copie les maîtres anciens avec assiduité, exercice alors essentiel pour former l’œil, la main et le sens de la composition. Cette éducation patiente, fondée sur l’étude et la discipline, restera l’un des traits majeurs de sa personnalité d’artiste.
Sa formation se poursuit dans l’atelier de Louis Lamothe, élève d’Ingres, dont il retient le culte de la ligne, la rigueur du dessin et une certaine exigence classique. Entre le milieu des années 1850 et la fin de la décennie, il séjourne longuement en Italie, en particulier à Naples, Florence et Rome, où il étudie les maîtres de la Renaissance. Ces années sont décisives. Degas y affine son regard, remplit des carnets de croquis, observe les fresques, les portraits, les scènes d’histoire, et se construit une ambition élevée : il ne veut pas seulement peindre, il veut s’inscrire dans une grande histoire de l’art. Ses premières œuvres témoignent de cette aspiration. Il se tourne alors vers la peinture d’histoire et le portrait, genres nobles dans la hiérarchie académique du temps. Pourtant, même lorsqu’il traite des sujets traditionnels, on sent déjà une attention singulière à la présence des corps, aux gestes suspendus et à la vérité des attitudes.
Dans les années 1860, sa carrière prend un tournant. Degas fréquente le cercle d’Édouard Manet et découvre une génération d’artistes décidés à rompre avec les conventions les plus figées de l’art officiel. Sans renier l’héritage classique qui l’a formé, il s’éloigne progressivement de la grande peinture d’histoire pour se consacrer à la vie moderne. Les champs de courses, les cafés, les scènes de théâtre, les repasseuses, les modistes, les femmes à leur toilette et, bientôt, les danseuses deviennent ses sujets privilégiés. C’est là que s’affirme pleinement son originalité. Degas ne cherche pas l’anecdote aimable ni l’effet décoratif. Il observe le monde contemporain avec une précision aiguë, presque implacable parfois, attentif aux postures fugitives, aux fatigues du corps, aux équilibres instables, aux espaces décentrés. Son art donne le sentiment de surprendre la vie sur le vif, tout en reposant sur une construction savante.
On associe souvent Degas à l’impressionnisme, et il est vrai qu’il joue un rôle central dans l’histoire du groupe. Il participe à plusieurs expositions impressionnistes à partir de 1874 et contribue activement à leur organisation. Pourtant, sa place demeure singulière. Là où Claude Monet ou Camille Pissarro peignent volontiers en plein air et recherchent les variations fugitives de la lumière, Degas préfère l’atelier, les intérieurs, les scènes cadrées avec une grande sophistication. Il se méfie d’une peinture trop spontanée et revendique le travail, la reprise, la composition. Cette tension entre modernité du regard et exigence de construction fait toute la force de son œuvre. Il emprunte volontiers à la photographie certains cadrages inattendus, aux estampes japonaises certains déséquilibres de composition, mais il transforme ces influences en une écriture très personnelle. Ses danseuses, en particulier, devenues emblématiques de son nom, ne sont jamais de simples figures élégantes : elles révèlent le labeur, les répétitions, l’attente, les contraintes d’un monde réglé par l’effort autant que par le spectacle.
Au cours des années 1870 et 1880, Degas atteint une pleine maturité. Il travaille le pastel avec un éclat et une liberté remarquables, explorant les ressources de la couleur sans abandonner la primauté du dessin. Il réalise également des monotypes et s’intéresse à la sculpture, notamment avec la célèbre Petite Danseuse de quatorze ans, œuvre qui suscita de vives réactions par son réalisme et son audace. Dans ses séries consacrées aux blanchisseuses, aux femmes au bain ou aux scènes de coulisses, il poursuit inlassablement ses recherches sur le mouvement et l’espace. Son œuvre ne cesse d’interroger les apparences : comment montrer un geste ordinaire sans l’idéaliser, comment saisir la vérité d’une posture, comment donner à voir le corps dans sa présence la plus concrète. Cette attention presque obsessionnelle à l’observation fait de lui l’un des plus grands analystes du visible au XIXe siècle.
L’homme, lui, demeure complexe, souvent décrit comme réservé, exigeant, volontiers caustique. Il entretient des relations parfois difficiles avec ses contemporains, même s’il reste au centre de nombreux échanges artistiques. La mort de son père puis les difficultés financières de sa famille l’obligent à vendre une partie de sa collection et à travailler avec une intensité accrue. Ces épreuves pèsent sur sa vie, sans entamer son engagement dans l’art. Avec le temps, sa vue se dégrade gravement, ce qui affecte profondément un artiste aussi attaché à l’exactitude du regard. Cette atteinte ne l’empêche pas de poursuivre ses recherches, mais elle modifie ses pratiques et accentue son isolement. Dans les dernières années de sa vie, Degas se retire peu à peu, tout en voyant sa réputation s’affermir. Il est désormais reconnu comme une figure majeure de la peinture moderne, admiré pour l’originalité de son regard et la solidité de son métier.
Edgar Degas meurt à Paris le 27 septembre 1917, à l’âge de 83 ans. Il laisse une œuvre immense, diverse, profondément cohérente, qui occupe une place essentielle dans l’histoire de l’art. S’il est souvent rangé parmi les impressionnistes, il dépasse largement cette étiquette. Sa singularité tient à l’alliance rare d’une formation classique, d’une curiosité aiguë pour le monde moderne et d’une invention plastique constante. Peu d’artistes ont su comme lui unir la précision du dessin, l’intelligence de la composition et la sensation du mouvement. Ses tableaux, pastels, estampes et sculptures continuent aujourd’hui de fasciner par leur justesse et leur intensité. À travers les ballerines, les chevaux, les chanteuses de café-concert, les ouvrières ou les femmes surprises dans l’intimité, Degas a donné du XIXe siècle une vision à la fois élégante, lucide et profondément humaine. Son œuvre, immédiatement reconnaissable, demeure l’une des plus vivantes et des plus modernes de son temps.