Qui est Alexandre SOUMET ?
Date de naissance : 29 janvier 1786 (Castelnaudary, France).
Date du décès : 30 mars 1845 (Paris, France) à 59 ans.
Activité principale : Poète, dramaturge.
Nom de naissance : Louis-Antoine-Alexandre Soumet.
Où est la tombe d’Alexandre SOUMET ?
La tombe d’Alexandre SOUMET est située dans la division 20.
La tombe d’Alexandre SOUMET au Cimetière de Montmartre

La tombe du poète et dramaturge Alexandre Soumet au cimetière de Montmartre à Paris. (Division 20)
Antoine Rex, CC0, via Wikimedia Commons
Biographie de Alexandre SOUMET
Né à Castelnaudary le 29 janvier 1786, ce fils du Midi est monté à Paris avec la ferveur des anciens et l’audace des modernes, devenant le trait d’union indispensable entre la rigueur classique et le souffle du premier romantisme. Poète lauréat, dramaturge fêté à la Comédie-Française et académicien visionnaire, il a consacré son existence à la poursuite du Grand Œuvre littéraire, cherchant dans le vertige des astres et les profondeurs de l’âme humaine les secrets de la beauté éternelle. Redécouvrir Alexandre Soumet, c’est suivre la trajectoire d’un homme qui a osé défier les limites de la poésie pour embrasser l’infini, laissant derrière lui une œuvre monumentale où le sacré se mêle à la tragédie avec une noblesse inégalée.

Portrait of Alexandre Soumet (1786–1845), French writer.
Unknown engraver, Public domain, via Wikimedia Commons
Du Lauragais à l’Académie : L’Ascension d’un Éveillé
L’enfance d’Alexandre Soumet se déroule dans la douceur du Lauragais, mais son esprit est déjà tourné vers les cimes de la pensée. Arrivé à Paris sous le Premier Empire, il se distingue par une culture encyclopédique et une maîtrise du vers qui force l’admiration. Il n’est pas un poète du murmure, mais un poète de l’éclat. En 1810, ses poèmes lui valent d’être remarqué par les plus hautes autorités littéraires de l’époque.
Sa réussite est fulgurante. Lauréat de l’Académie française à plusieurs reprises pour ses odes, il devient le protégé de Louis XVIII qui voit en lui le digne successeur des classiques. Pourtant, Soumet ne se contente pas de l’héritage de Boileau. S’il respecte la forme, il y injecte une mélancolie nouvelle, une aspiration vers l’idéal qui annonce les grandes secousses romantiques. En 1824, son élection à l’Académie française vient consacrer un talent qui fait l’unanimité par sa dignité et son élégance.
La Tragédie souveraine : Le Maître de la Scène
Dans les années 1820, Alexandre Soumet s’impose comme l’un des dramaturges les plus puissants de sa génération. Ses tragédies, comme Clytemnestre ou Saül, sont de véritables événements à la Comédie-Française. Il possède un sens inné du sacré et du terrible, sachant donner aux personnages antiques une épaisseur psychologique qui bouleverse le public.
C’est lui qui prépare le terrain pour la révolution théâtrale à venir. S’il reste attaché à la règle des unités, il ouvre ses drames à une métaphysique et à une ferveur qui déconcertent les classiques les plus rigides. Sa collaboration avec sa fille, Gabrielle Soumet, elle-même poétesse de talent, témoigne de cette transmission d’un idéal de beauté fondé sur la noblesse du sentiment. Soumet est l’homme du « beau tragique », celui qui refuse la vulgarité du mélodrame pour privilégier l’élévation de l’âme à travers le conflit des passions.
L’Épopée de « La Divine Épopée » : Vers les Sommets de la Poésie
Le grand œuvre d’Alexandre Soumet, celui auquel il a consacré ses dernières énergies, est sans conteste La Divine Épopée. Dans ce poème monumental, il tente l’impossible : donner une suite à la Genèse et imaginer la rédemption finale du monde. Fasciné par Dante et Milton, il déploie des visions cosmiques où les anges, les démons et les astres dialoguent dans un langage d’une splendeur oratoire rare.
C’est dans ce domaine de l’épopée que Soumet exprime toute sa démesure. Il quitte les salons parisiens pour les espaces infinis, cherchant à réconcilier la science et la foi dans une synthèse poétique grandiose. Pour lui, le poète est un prophète, un voyant capable de déchiffrer les hiéroglyphes de la création. Bien que cette œuvre soit d’un accès exigeant, elle demeure l’un des sommets de l’ambition littéraire du XIXe siècle, une cathédrale de mots bâtie pour l’éternité.
Le Conservateur de la Langue : La Solitude du Sommet
La fin de la carrière d’Alexandre Soumet est marquée par une certaine solitude intellectuelle. Nommé conservateur de la bibliothèque du château de Compiègne, il s’éloigne de l’agitation parisienne pour se consacrer à ses études et à la révision de ses textes. Alors que le romantisme devient de plus en plus tumultueux, Soumet reste le gardien d’une certaine harmonie, refusant de sacrifier la clarté du français aux excès du pittoresque.
Il meurt à Compiègne le 30 mars 1845, laissant l’image d’un homme d’une droiture absolue, dévoué corps et âme à sa vocation. Sa disparition est vécue par ses pairs, comme Victor Hugo ou Lamartine, comme celle d’un « père de l’Église littéraire ». Il a su traverser les révolutions politiques et esthétiques en gardant pour seule boussole l’exigence de l’idéal.
L’Héritage : Une Noblesse de l’Inspiration
Aujourd’hui, l’héritage d’Alexandre Soumet est celui d’une poésie qui n’a pas peur de la grandeur. S’il appartient à une époque qui aimait les envolées lyriques, sa capacité à traiter les grands thèmes de la destinée humaine avec une telle technicité formelle reste exemplaire. Il a prouvé que la tragédie classique pouvait être renouvelée par le souffle de l’imagination.
Réalisations et Œuvres Marquantes
L’œuvre d’Alexandre Soumet est une somme de textes dramatiques et épiques qui ont marqué la transition vers le romantisme.
Théâtre et Tragédies (Sélection) :
- 1822 : Clytemnestre – Un triomphe à la Comédie-Française qui impose son nom au sommet de l’art dramatique.
- 1822 : Saül – Une tragédie biblique d’une grande puissance lyrique.
- 1831 : Norma – La tragédie qui servira de base au livret du célèbre opéra de Bellini.
- 1844 : Jeanne d’Arc – Une de ses dernières grandes œuvres dramatiques, exaltant le patriotisme et la foi.
Poésie Épique et Odes :
- 1840 : La Divine Épopée – Son poème testamentaire en douze chants, vision grandiose de la rédemption universelle.
- 1845 (Posthume) : La Jeanne d’Arc – Poème épique prolongeant ses réflexions sur l’héroïne nationale.
- Odes et Élégies : Couronné plusieurs fois par l’Académie française pour la perfection de son style poétique.
Distinctions et Fonctions :
- 1824 : Élu membre de l’Académie française (Fauteuil 27).
- Légion d’honneur : Officier de l’ordre, récompensé pour ses mérites littéraires éminents.
- Conservateur de la Bibliothèque de Compiègne : Fonction qu’il occupa à la fin de sa vie, se consacrant à la recherche et à l’écriture.