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Tombe : Jean-Marcel SOURIGUÈRE de SAINT-MARC

Qui est Jean-Marcel SOURIGUÈRE de SAINT-MARC ?

Date de naissance : 7 avril 1763 (Mirande, France).
Date du décès : 24 mars 1837 (Paris, France)
Activité principale : Homme de lettres, auteur dramatique, chansonnier et journaliste.
Nom de naissance : Jean-Marie Souriguère.
Nom de plume : Jean-Marcel Souriguère de Saint-Marc.

« Bien que né sous le nom de Jean-Marie Souriguère, c’est sous l’identité de Jean-Marcel Souriguère de Saint-Marc que cet homme de lettres entra dans la postérité et repose aujourd’hui à Montmartre… »

Où est la tombe de Jean-Marcel SOURIGUÈRE de SAINT-MARC ?

La tombe de Jean-Marcel SOURIGUÈRE de SAINT-MARC est située dans la division 26, Avenue Berlioz, 2e ligne.

La tombe de Jean-Marcel SOURIGUÈRE de SAINT-MARC au Cimetière de Montmartre

Sa stèle porte son nom de plume : Jean-Marcel Souriguère de Saint-Marc.

SOURIGUIÈRES de SAINT-MARC Jean-Marcel, né le 7 avril 1763 à Mirande, (Gers), et mort le 24 mars 1837 à Paris , est un homme de lettres et auteur dramatique français.
Il est le fils de Vital Souriguère, notaire royal et maire de Mirande, et de Marie Dufour, son nom de famille est Souriguère, parfois il est écrit Souriguière(s), ce qui est une erreur.
Epitaphe : « ICI REPOSENT LES MÂNES DE MARCEL SOURIGUÈRE SAINT-MARC NÉ A MIRANDE, GERS LE 7 AVRIL 1763 MORT A PARIS LE 24 MARS 1837 FROISSÉ PAR LA FORTUNE ET PAR LES HOMMES QU’IL AVAIT CRU SERVIR IL VOULUT CACHER SA VIE COMME SA MORT MAIS IL NE PÉRIRA PAS TOUT ENTIER MÊME SUR CETTE TERRE ET SA MÉMOIRE VIVRA PAR LE SOUVENIR DU RÉVEIL DU PEUPLE »La tombe est dans la 26e division, 2e ligne avenue Berlioz, inscriptions difficiles à lire, ici à droite de la chapelle « famille Masson »
Maixentais, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Biographie de Jean-Marcel SOURIGUÈRE de SAINT-MARC

Sous le ciel tourmenté de la fin du XVIIIe siècle, alors que la France cherche son souffle entre la Terreur et l’Empire, une voix s’élève pour donner un hymne à ceux qui refusent le joug de Robespierre. Jean-Marcel Souriguère de Saint-Marc n’était pas seulement un homme de lettres ; il fut le porte-parole d’une époque qui tentait de refermer les plaies de la Révolution par le verbe et le chant. Né Jean-Marie Souriguère à Mirande le 7 avril 1763, ce fils du Gers monté à Paris a su troquer son identité provinciale pour un pseudonyme d’artiste qui allait résonner dans tous les théâtres de la capitale. Dramaturge, journaliste et chansonnier, il est celui qui a fait du Réveil du Peuple le cri de ralliement de la jeunesse dorée et des opposants à la dictature jacobine. Redécouvrir Souriguère de Saint-Marc, c’est suivre le parcours d’un écrivain dont la plume, trempée dans l’encre des passions politiques, a su capturer l’esprit d’un siècle où la musique était le prolongement naturel de la lutte civique.

Des Terres du Gers au Tumulte Parisien : L’Invention d’un Destin

L’enfance de Jean-Marie Souriguère se déroule loin des agitations de la capitale, mais son esprit, nourri de lettres classiques et d’une curiosité insatiable, le pousse irrésistiblement vers Paris. Arrivé dans la cité des Lumières à l’aube de la Révolution, il comprend que pour exister dans le monde des arts, il faut se réinventer. Il adopte alors le prénom de Jean-Marcel et y accole « de Saint-Marc », une particule de plume qui lui ouvre les portes des cercles littéraires et des rédactions.

Journaliste de tempérament, il se jette dans la mêlée des idées avec une vivacité qui ne le quittera jamais. Mais c’est le théâtre qui devient sa véritable arène. Souriguère possède un sens inné de la scène et du dialogue, captant les préoccupations de ses contemporains pour les transformer en pièces de mœurs. Cependant, c’est la chute de Robespierre en juillet 1794 qui va offrir à cet auteur dramatique son plus grand rôle historique.

Le Réveil du Peuple : L’Hymne de la Réaction Thermidorienne

Au lendemain du 9 Thermidor, la France libérée de la Terreur cherche un symbole pour marquer sa rupture avec le passé. Souriguère de Saint-Marc écrit alors les paroles d’une chanson qui va devenir le « second hymne national » de l’époque : Le Réveil du Peuple. Mis en musique par Pierre Gaveaux, ce chant est un appel vibrant à la justice et à la fin de l’oppression sanglante.

Le succès est foudroyant. Le chant est repris dans tous les théâtres de Paris, s’opposant frontalement à La Marseillaise qui restait alors associée aux excès jacobins. Sous la direction de Souriguère, cette mélodie devient le cri de ralliement de la « jeunesse dorée » et des « incroyables ». En quelques strophes, il a su cristalliser le désir de revanche et de reconstruction d’une société meurtrie. Ce titre de gloire, bien que polémique, assure à Souriguère une place permanente dans l’histoire de la musique politique française.

Un Dramaturge au Cœur de la Vie Parisienne

Loin de se limiter à sa renommée de chansonnier, Jean-Marcel Souriguère de Saint-Marc mène une carrière d’auteur dramatique prolifique. Il écrit pour les scènes les plus prestigieuses de l’époque, du Théâtre de l’Odéon au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Ses pièces, qu’il s’agisse de comédies ou de drames, témoignent d’une grande finesse d’observation et d’une maîtrise des rouages du spectacle.

Il excelle dans l’art de la satire et du portrait psychologique. À travers ses œuvres, il dépeint les travers de la bourgeoisie naissante et les contradictions d’un pays qui tente de retrouver une stabilité entre l’Ancien Régime disparu et le nouvel ordre napoléonien. Souriguère est un artisan de la scène, un homme de métier qui connaît le poids de chaque réplique et le pouvoir de l’émotion sur le public. Sa présence continue dans les annales théâtrales de l’époque montre l’estime dont il jouissait auprès de ses pairs.

Le Silence du Sage et le Repos à Montmartre

Le parcours de Souriguère de Saint-Marc se poursuit sous l’Empire et la Restauration, périodes durant lesquelles il continue son activité de journaliste et d’homme de lettres avec une constance remarquable. Il s’installe dans une certaine sagesse, observant depuis sa retraite les soubresauts d’un siècle qu’il a contribué à définir par ses chants.

Il s’éteint à Paris le 24 mars 1837, à l’âge de 73 ans. Sa disparition marque la fin d’une époque, celle des auteurs qui ont vécu la Révolution non pas comme une abstraction, mais comme une réalité charnelle. Il est inhumé au cimetière de Montmartre, où sa tombe sobre rappelle à la postérité le nom de celui qui a su, un instant, faire vibrer le cœur de Paris au rythme d’un réveil national.

L’Héritage : Un Témoin des Orages de l’Histoire

L’héritage de Jean-Marcel Souriguère de Saint-Marc est double : il est à la fois musical et littéraire. S’il reste pour les historiens « l’homme d’une chanson », son œuvre théâtrale mérite d’être redécouverte pour sa capacité à témoigner des mœurs d’une période charnière. Il a prouvé que la poésie populaire pouvait être un moteur de l’histoire.

Réalisations et Œuvres Marquantes

L’œuvre de Jean-Marcel Souriguère de Saint-Marc se distingue par son impact historique et sa maîtrise de la scène dramatique.

Chansons et Hymnes Historiques :

  • 1795 (An III) : Le Réveil du Peuple – Paroles de l’hymne national thermidorien, mis en musique par Gaveaux. Un succès colossal qui devint le symbole de la réaction contre la Terreur.

Œuvres Théâtrales (Sélection) :

  • 1794 : L’Intérieur des comités révolutionnaires, ou les Jacobins démasqués – (Attribué ou en collaboration), une pièce satirique virulente sur les abus de la période révolutionnaire.
  • 1797 : Le Sourd, ou l’Auberge pleine – Une comédie à succès qui montre son talent pour le vaudeville et les situations comiques.
  • 1801 : Les Marins – Opéra-comique représenté sur les scènes parisiennes.
  • 1816 : La Femme à deux maris – Un mélodrame qui témoigne de son adaptation aux goûts de la Restauration.

Activités Littéraires et Journalistiques :

  • Journalisme : Collaborateur régulier de diverses feuilles littéraires et politiques, il a exercé ses talents de chroniqueur tout au long de sa carrière.
  • Membre de sociétés littéraires : Figure respectée de la sociabilité parisienne, il a participé activement à la vie des cercles d’auteurs dramatiques.