Qui est Arthur de BEAUPLAN ?
Date de naissance : 20 juin 1823 (Paris, france).
Date du décès : 11 mai 1890 (Paris 16e, France) à 66 ans.
Activité principale : Auteur dramatique.
Nom de naissance : Victor Arthur Rousseau.
Où est la tombe de Arthur de BEAUPLAN ?
La tombe de Arthur de BEAUPLAN est située dans la division 21.
La tombe de Arthur de BEAUPLAN au Cimetière de Montmartre
Biographie de Arthur de BEAUPLAN

Arthur de Beauplan de Yves marevery.
Yves Marevy, Public domain, via Wikimedia Commons
Arthur de Beauplan fut l’un de ces magiciens de l’éphémère, un homme dont la plume semblait ne jamais s’épuiser lorsqu’il s’agissait de divertir ses contemporains. Né Victor-Arthur Rousseau de Beauplan le 7 juin 1823, il n’était pas seulement un auteur dramatique à succès ; il était un créateur d’atmosphères, un poète de la légèreté capable d’unir la finesse du dialogue à la grâce de la mélodie. Dans une époque où Paris était la capitale mondiale du spectacle, Beauplan a su se forger une place de choix entre la farce et l’opéra, devenant le complice des plus grands compositeurs et des scènes les plus prestigieuses. Redécouvrir Arthur de Beauplan, c’est replonger dans un siècle où l’esprit était une politesse et le théâtre, une fête de chaque soir.
L’Héritage d’un Nom et l’Appel de la Scène
Arthur de Beauplan n’arrive pas dans le monde des arts par hasard. Fils d’Amédée de Beauplan, lui-même auteur et compositeur estimé, il grandit dans un environnement où la musique et le théâtre sont les langues maternelles. Pourtant, loin de se reposer sur l’ombre paternelle, il se jette dans l’arène littéraire avec une énergie qui lui est propre. Dès ses débuts, il comprend que le public parisien du Second Empire a soif de deux choses : de l’esprit et du mouvement.
Il fait ses armes sur les scènes des boulevards, là où le succès se mesure à la vitesse des répliques et à l’efficacité des situations. Très vite, il s’impose comme un collaborateur recherché. Beauplan possède ce don rare de savoir travailler en équipe, s’associant avec les meilleurs vaudevillistes de son temps pour concocter des intrigues qui tournent comme des horloges. Son style est limpide, joyeux, et porte en lui une élégance qui le distingue des auteurs de farces trop grossières.
L’Âge d’Or de l’Opéra-Comique : Un Librettiste Inspiré
Si le vaudeville lui apporte la notoriété populaire, c’est vers l’Opéra-Comique et le Théâtre-Lyrique qu’Arthur de Beauplan va porter ses ambitions les plus nobles. Il devient l’un des librettistes les plus prolifiques de sa génération. Pour lui, le livret n’est pas qu’un simple support pour la musique ; c’est une pièce de théâtre à part entière qui doit posséder son propre rythme et sa propre poésie.
Il collabore avec des compositeurs de renom, tels qu’Adolphe Adam ou Ferdinand Poise, leur offrant des textes d’une grande fluidité qui se prêtent merveilleusement à la mise en chanson. Ses livrets, souvent teintés d’une mélancolie légère ou d’un humour raffiné, participent à l’éclat de l’opéra-comique français, ce genre si particulier qui exige autant de talent dramatique que de sens musical. Beauplan est l’homme de l’équilibre, celui qui sait s’effacer derrière la note tout en soutenant l’action par le mot juste.
Un Peintre des Mœurs Parisiennes
À travers ses nombreuses pièces, Arthur de Beauplan se révèle être un observateur attentif de la société de son temps. Qu’il mette en scène les travers de la bourgeoisie montante ou les amours contrariées de la jeunesse élégante, il le fait toujours avec une pointe de malice qui ne blesse jamais. Ses pièces sont des miroirs tendus à ses spectateurs, mais des miroirs qui embellissent la réalité par le prisme du rire.
Il fréquente les salons et les coulisses, captant l’air du temps pour le restituer sur scène. Cette proximité avec son public est la clé de sa longévité. Arthur de Beauplan ne cherche pas à révolutionner l’art dramatique par des thèses sombres ; il cherche à maintenir vivante cette tradition de la gaîté française, faite de reparties vives et d’une joie de vivre qui semble défier les vicissitudes du siècle.
Le Silence d’un Artisan de la Joie
Le rideau tombe définitivement pour Arthur de Beauplan le 11 mai 1890 à Paris. Sa disparition marque la fin d’une époque, celle d’un théâtre de divertissement pur, avant que les ombres du naturalisme ne viennent assombrir les scènes parisiennes. Il laisse derrière lui une œuvre monumentale par son volume et exemplaire par son métier.
Bien que son nom soit aujourd’hui moins cité que celui de Labiche ou de Feydeau, son influence sur la comédie légère et le théâtre musical est indéniable. Il fut l’un de ces artisans indispensables qui ont fait la gloire de Paris, un homme de plume qui a passé sa vie à offrir aux autres le plus beau des cadeaux : l’oubli de soi dans le rire et la musique.
Réalisations et Œuvres Marquantes
L’œuvre d’Arthur de Beauplan témoigne de l’incroyable vitalité théâtrale du milieu du XIXe siècle.
Livrets d’Opéras et Opéras-Comiques :
- 1853 : Le Bijou perdu – Musique d’Adolphe Adam. Un succès majeur au Théâtre-Lyrique.
- 1853 : Bonsoir, voisin – Musique de Ferdinand Poise. Une œuvre charmante qui restera longtemps au répertoire.
- 1856 : Les Pantins de Violette – Musique d’Adolphe Adam. Une fantaisie pleine d’esprit.
- 1858 : Le Jardinier et son Seigneur – Musique de Léo Delibes. Une collaboration avec l’un des futurs géants de la musique française.
Théâtre et Vaudevilles (Sélection) :
- 1847 : L’Otage – L’un de ses premiers essais dramatiques remarqués.
- 1851 : Les Deux Vieux-Garçons – Une comédie de mœurs typique de son sens de l’observation.
- 1854 : Un Mari qui prend du ventre – Un titre évocateur de son humour de boulevard.
- 1860 : Les Étourdis de quinze ans – Une pièce qui capture la légèreté de la jeunesse de l’époque.
Distinctions et Engagement :
- Société des Auteurs : Membre très actif de la SACD, il a œuvré toute sa vie pour la protection des droits des auteurs dramatiques.
- Collaborations multiples : Il a travaillé avec les plus grands noms de l’époque, de Brunswick à de Leuven, prouvant sa place centrale dans la machine théâtrale parisienne.