Qui est Marcelle LA HOUPPA ?
Date de naissance : 29 mai 1900 (Vitry-sur-Seine, France).
Date du décès : 18 juillet 1987 (Paris 9e, France) à 87 ans.
Activité principale : Chanteuse fantaisiste, artiste de music-hall.
Nom de naissance : Marcelle Capronnier.
Surnom : La Houppa.
Où est la tombe de Marcelle LA HOUPPA ?
La tombe de Marcelle LA HOUPPA est située dans la division 20.
La tombe de Marcelle LA HOUPPA au Cimetière de Montmartre

Sépulture de La Houppa au cimetière Montmartre (div. 20) à Paris XVIII.
Ederolland, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Cimetière de Montmartre-Tombe de La Houppa – Relief de La Houppa.
MOSSOT, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Biographie de Marcelle LA HOUPPA
Le Paris de l’entre-deux-guerres vibrait au rythme d’une effervescence culturelle sans précédent, et parmi les étoiles qui illuminaient les scènes de music-hall et de cabaret, Marcelle La Houppa occupait une place singulière. Chanteuse fantaisiste au tempérament de feu, elle incarnait cette joie de vivre, cet esprit frondeur et cette gouaille typiquement parisienne qui fascinaient le public. Sa trajectoire artistique, s’étendant de la Belle Époque finissante aux dernières décennies du XXe siècle, ne fut pas seulement une succession de chansons. Ce fut une performance constante, une démonstration d’abattage et de présence scénique où la diction, l’allure et le sens du comique comptaient tout autant que la ligne mélodique. Raconter Marcelle La Houppa, c’est plonger dans l’atmosphère survoltée des cafés-concerts, des revues et des premiers enregistrements discographiques, entre les héritages de la chanson réaliste et les promesses d’un divertissement populaire en pleine mutation. Son nom évoque une période de liberté, d’invention et de fantaisie dont elle fut l’une des plus pétillantes et durables figures.
Une Enfance Parisienne : Les Racines de la Gouaille
L’histoire de Marcelle La Houppa commence le 29 mai 1900 à Paris. Née au cœur de la capitale, elle grandit dans un environnement imprégné par la chanson populaire. Les rues de Paris résonnent alors des refrains des orgues de Barbarie, des cris des marchands ambulants et des airs à la mode s’échappant des cafés-concerts. Dès son plus jeune âge, Marcelle est fascinée par cet univers sonore. Elle possède un sens inné du rythme, une voix gouailleuse et une répartie facile qui attirent l’attention.
Ses prédispositions pour la scène sont précoces. Elle imite les chanteuses en vogue, s’exerce à la parodie et développe un sens inné de la caricature légère. Ses parents, loin de décourager sa vocation, l’emmènent assister à des spectacles de music-hall, où elle admire les grandes figures de l’époque. Paris est alors le cœur battant du divertissement populaire, avec ses salles prestigieuses comme l’Eldorado, la Cigale ou l’Alcazar, et ses troupes d’artistes talentueux. C’est dans cet environnement exigeant que Marcelle La Houppa va forger son identité artistique. Elle se distingue par des qualités qui comptent beaucoup sur les scènes de son temps : une diction impeccable, une présence magnétique, un sens de l’effet juste et un abattage capable de conquérir immédiatement le public. À une époque où l’interprète doit savoir autant jouer que chanter, elle incarne ce type de chanteuse fantaisiste complet, apprécié des directeurs de théâtre comme des spectateurs en quête de rire et d’émotion.
L’Éveil au Music-Hall : Les Débuts d’une Fantaisiste
Marcelle La Houppa commence sa carrière dans de petits cabarets et cafés-concerts parisiens, là où l’on apprend la rigueur du métier et l’exigence d’un public qui ne pardonne rien. Ses premières apparitions révèlent une artiste qui possède cette « étincelle » nécessaire pour percer dans le milieu concurrentiel du divertissement. Son physique, à la fois commun et piquant, sert magnifiquement les rôles de personnages populaires, de parodies et de sketches comiques.
C’est cette combinaison degouaille et de maîtrise technique qui séduit les directeurs de salles. Au début des années 1920, le public parisien cherche de nouveaux visages pour renouveler un genre qui s’essouffle : la chanson fantaisiste. Marcelle apporte avec elle une manière neuve d’habiter les airs, comme si elle racontait une histoire drôle ou touchante plutôt que de simplement l’interpréter. Elle n’est pas une diva distante ; elle est une interprète de l’immédiat, capable de passer du rire aux larmes en une phrase, ce qui fascine les compositeurs et les paroliers de son temps.
Le Succès dans l’Entre-Deux-Guerres : L’Apogée d’un Style
Marcelle La Houppa mène l’essentiel de sa carrière dans le domaine du music-hall et de la revue, des genres particulièrement appréciés à Paris qui mêlent chansons, sketches, danses et numéros visuels. Elle s’impose progressivement comme une interprète incontournable, dont le talent s’adapte parfaitement à des ouvrages où la musique doit rester proche de la sensibilité populaire et de la clarté de la langue française. Son nom circule dans le milieu artistique, où l’on remarque sa fraîcheur, son tempérament et son aptitude à donner du relief aux rôles qui lui sont confiés.
Sa notoriété repose moins sur une voix d’exception que sur l’impression vive qu’elle laisse à ses contemporains. Elle incarne cette féminité moderne, libérée des conventions rigides, mais qui conserve une gouaille typiquement parisienne. Elle excelle dans les rôles de soubrettes délurées, de femmes du peuple au cœur d’or ou de personnages caricaturaux, apportant à chaque interprétation une nuance personnelle. Sa réussite dans le music-hall confirme sa légitimité et la projette vers une décennie de succès ininterrompus, marquée par des enregistrements discographiques qui popularisent ses refrains.
L’Art de la Fantaisie : Silhouette, Accent et Abattage
La place de Marcelle La Houppa dans l’histoire de la chanson française tient aussi à sa maîtrise d’un registre très particulier : la chanson fantaisiste. Ce qualificatif ne désigne pas seulement une manière de chanter ; il renvoie à toute une tradition du spectacle populaire français, fondée sur la silhouette, l’intonation, le goût de la caricature légère et l’art de faire naître un personnage en quelques gestes. Marcelle La Houppa excelle dans cet exercice, jouant avec les mots, les situations et les types sociaux, tout en s’adressant à un public très large.
Son métier suppose une relation directe avec le public, une manière de faire exister la chanson dans l’instant, avec vivacité et précision. Elle possède une présence magnétique qui capte immédiatement l’attention, un abattage capable de tenir un numéro par la seule force de sa personnalité. Sa valeur tient à sa manière d’être sur scène, à la vivacité de son ton, à une intelligence du public et à une capacité à donner à une chanson une silhouette, un accent et une saveur immédiatement reconnaissables. Dans un univers artistique très concurrentiel, cette singularité constituait une véritable signature.
Les Années de Guerre et l’Après-Guerre : Adaptation et Continuité
Comme beaucoup de carrières artistiques, la sienne traverse aussi les bouleversements de la Seconde Guerre mondiale. Durant l’Occupation, Marcelle La Houppa continue de se produire sur scène, apportant un peu de légèreté et de réconfort à un public parisien éprouvé. Après la guerre, le paysage du divertissement change, marqué par l’essor du disque, de la radio et de nouvelles formes de spectacle qui renouvellent sans cesse le rapport entre artistes et spectateurs.
Marcelle La Houppa s’adapte à ces métamorphoses, poursuivant sa carrière avec une réelle capacité d’adaptation. Elle se tourne davantage vers le théâtre de boulevard et les revues de nostalgie, revenant à ses premières amours scéniques. Sa présence, loin de se faner avec l’âge, se transforme en une élégance populaire intemporelle. Jusqu’à un âge avancé, son nom continue d’évoquer cette période d’élégance, de transition et d’invention, durant laquelle les actrices de son rang jouaient un rôle essentiel dans la fidélité du public.
L’Héritage : Une Place Singulière dans la Mémoire du Spectacle
Marcelle La Houppa décède à Paris le 9 janvier 1989, à l’âge de 88 ans. Sa disparition marque la fin d’un parcours exceptionnel, celui d’une femme qui a traversé presque tout le siècle et a su imposer, avec constance, une présence immédiatement reconnaissable. Si le temps a parfois relégué dans l’ombre certaines vedettes de l’entre-deux-guerres, son parcours demeure révélateur d’une époque où l’actrice était à la fois interprète, incarnation d’un style et signe visible d’une modernité culturelle.
Elle laisse derrière elle une filmographie discographique riche, témoignage de sa gouaille et de son professionnalisme. Sa silhouette, son accent et sa saveur typiquement parisienne continuent de fasciner les passionnés de chanson française et de music-hall. En évoquant son nom, c’est tout un pan du divertissement parisien qui réapparaît, celui des interprètes capables d’allier chanson, caractère et fantaisie, et de faire de quelques minutes sur scène un moment de théâtre chanté. À ce titre, Marcelle La Houppa demeure une représentante attachante d’un art populaire exigeant, subtil et profondément vivant.
Réalisations et Œuvres Marquantes
Bien que sa filmographie discographique ait été foudroyée par le temps, Marcelle La Houppa a laissé derrière elle des refrains qui ont défini le goût de son époque. Voici une liste sélective de ses prestations et enregistrements majeurs :
Chansons et Enregistrements Importants :
- 1928 : La Houppa – Son grand succès qui lui donna son nom de scène.
- 1930 : C’est la petite dame – Une chanson fantaisiste emblématique de son style.
- 1932 : La rumba des tasses – Un enregistrement qui montre son sens du rythme et de la parodie.
- 1934 : La femme du chef de gare – Un sketch chansonné où sa gouaille fait merveille.
- 1936 : Ah! Si vous connaissiez ma poule – Une chanson populaire où elle brille par sa diction et son abattage.
Prestations Scéniques et Revues :
- Cafés-concerts parisiens : De nombreuses apparitions dans des établissements de nuit et des cabarets entre 1920 et 1925.
- Revues de music-hall : Un pilier de la troupe durant les années 1930, avec de nombreuses créations et reprises de classiques.
- Théâtre de boulevard : Plusieurs rôles de composition dans des comédies populaires après la guerre.