Qui est Margaret KELLY ?
Date de naissance : 24 juin 1910 (Dublin, Irlande).
Date du décès : 24 février 2004 (Paris, France) à 93 ans.
Activité principale : Danseuse, Fondatrice des Bluebell Girls.
Distinction : Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE), Chevalier de la Légion d’honneur.
Où est la tombe de Margaret KELLY ?
La tombe de Margaret KELLY est située dans la division 13 du cimetière de Montmartre.
La tombe de Margaret KELLY au Cimetière de Montmartre

Tombe de Margaret Kelly au cimetière de Montmartre. Son buste a disparu. Sa sépulture se trouve à droite de celle des frères Goncourt dans la 13e division.
Thomon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Biographie de Margaret KELLY
L’épopée de Miss Bluebell
Margaret Kelly Leibovici in age of 20, 1930.
Teddy Piaz (1899 – 1966) The University of Texas at Austin. Harry Ransom Center. Literary Files Collection Finding Aid – Index of Photographershttps://www.past-to-present.com/photographer.cfm?lastname=PIAZhttps://www.flickr.com/photos/truusbobjantoo/albums/72157703553106725/Teddy Piaz, 122, Champs Elysées, Parishttps://data.bnf.fr/14128233/teddy_piaz/https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/search/N-EXPLORE-9cf98454-b733-4328-b7c8-a02f9bc74b41https://www.researchgate.net/figure/On-the-left-Georges-Saad-Grisina-swimwear-1953-On-the-right-Teddy-Piaz-Grisina_fig8_343399628http://www.encyclopedisque.fr/artiste/12874.htmlhttps://www.npg.org.uk/collections/search/person/mp131165/teddy-piazhttps://www.chayette-cheval.com/lot/17549/3752036-teddy-piaz-portrait-de-marlene-dietrich-a-la-croix-dehttps://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/personne/cXbMooy, Public domain, via Wikimedia Commons
Les brumes de Dublin et le miracle de la danse
L’extraordinaire destin de Margaret Kelly commence le 24 juin 1910 à Dublin, en Irlande. Rien, absolument rien, ne prédisposait cette petite fille née dans une grande précarité à devenir l’une des figures les plus influentes du spectacle mondial. Orpheline de père très tôt, elle est confiée à une infirmière attentionnée, Mary Murphy. À l’âge de quatre ans, Margaret souffre de graves faiblesses musculaires au niveau des jambes. Le médecin de famille, loin d’imaginer les scènes du Lido, suggère une solution simple : l’inscrire à des cours de danse pour muscler ses membres fragiles. Ce qui ne devait être qu’une thérapie devient une vocation foudroyante. Margaret ne se contente pas de guérir ; elle dévore la scène. À l’adolescence, elle possède déjà une technique supérieure à ses professeurs et, poussée par une ambition dévorante, elle quitte son Irlande natale pour rejoindre des troupes de danse en Écosse, puis en Allemagne.
C’est durant ses années de formation en Europe centrale qu’elle forge son regard critique sur le music-hall. Elle observe que les spectacles de l’époque manquent de structure et de discipline. En 1930, elle arrive à Paris, la ville lumière qui, entre les deux guerres, est l’épicentre du divertissement mondial. Elle est recrutée par les Folies Bergère, mais son esprit d’entreprise s’éveille rapidement. Elle remarque que les danseuses sont souvent de tailles disparates, ce qui nuit à l’harmonie visuelle des tableaux. C’est là que germe son idée révolutionnaire : créer une troupe de femmes d’élite, toutes d’une taille minimale impressionnante, capables de danser avec la précision d’un corps de ballet classique tout en conservant le glamour du cabaret.
1932 : L’invention des Bluebell Girls
À seulement 22 ans, elle fonde les Bluebell Girls. Son surnom, « Miss Bluebell », vient de ses yeux d’un bleu perçant qui ne laissent rien passer. Ses critères sont impitoyables : chaque danseuse doit mesurer au moins 1m75, posséder une formation classique rigoureuse et afficher une élégance naturelle. Elle impose une discipline de fer, surveillant non seulement les répétitions, mais aussi la vie privée, le maquillage et la tenue morale de « ses filles ». Sous sa direction, la danseuse de revue quitte le statut d’ornement pour devenir une athlète de haut niveau. Les Bluebell Girls deviennent rapidement synonymes de perfection technique. Miss Bluebell ne vend pas du charme, elle vend de la grandeur. Chaque mouvement est calculé au millimètre, chaque costume, malgré ses plumes et ses cristaux pesant des kilos, doit sembler léger comme une plume. La troupe devient le sceau de qualité que tous les directeurs de théâtres s’arrachent.
L’Occupation : Le courage face à la Gestapo
La vie de Margaret Kelly bascule dans l’héroïsme pur durant la Seconde Guerre mondiale. Elle a épousé Marcel Leibovici, un compositeur juif d’origine roumaine. En 1942, avec l’instauration des lois antisémites et les rafles, Marcel est en danger de mort. Il est arrêté et interné au camp de Gurs. Margaret, enceinte de son troisième enfant, ne cède pas à la panique. Grâce à ses relations et une audace inouïe, elle parvient à obtenir sa libération. Elle le cache ensuite dans une chambre de bonne à Paris, juste au-dessus de la Kommandantur allemande, pendant toute la durée de l’Occupation. Chaque jour, elle continue de diriger sa troupe devant des officiers allemands, jouant un double jeu dangereux pour assurer la subsistance de sa famille et la survie de son mari. Interrogée à plusieurs reprises par la Gestapo, elle ne trahit jamais le secret de sa cachette. Ce courage physique et moral fera d’elle, après la guerre, une figure respectée bien au-delà du monde de la nuit.
Le Lido et la conquête de Las Vegas
En 1947, Miss Bluebell lie son destin à celui du Lido de Paris. C’est le début d’une collaboration qui va transformer les Champs-Élysées en la plus belle scène du monde. Avec les frères Clerico, elle invente la revue moderne : des décors mobiles, des fontaines d’eau, des patinoires sur scène. Elle exporte sa marque aux États-Unis, notamment à Las Vegas, où les Bluebell Girls règnent sur le Stardust Hotel pendant des décennies. Margaret Kelly devient une femme d’affaires redoutable, gérant un empire de plusieurs centaines de danseuses réparties sur tous les continents. Elle reste active jusqu’à la fin de sa vie, veillant sur l’héritage de sa troupe avec la même exigence qu’à ses débuts.
Elle s’éteint le 24 février 2004 à Paris, laissant derrière elle une empreinte indélébile sur l’art de la revue. Elle repose désormais dans la division 13 du cimetière de Montmartre, un lieu de recueillement pour tous ceux qui croient que le spectacle est, avant tout, une affaire de rigueur et de rêve.
Réalisations et distinctions marquantes
- 1932 : Création de la troupe des Bluebell Girls à Paris.
- 1947-2004 : Direction chorégraphique des revues du Lido de Paris.
- 1958 : Implantation historique au Stardust de Las Vegas.
- Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur, Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE).